Faire naître des consom'acteurs conscients de l'importance de leurs choix

Biocoop a fêté ses 30 ans en 2016. Quel regard portez-vous sur cet anniversaire ?

Biocoop a fêté ses 30 ans à Marseille à un moment où la bio prend son envol en France. 30 ans de combat. 30 ans pour tenir les fondements de la bio dans nos pratiques et construire ce qu’est Biocoop aujourd’hui autour de 3 valeurs, qui sont les mêmes depuis toujours.

  • La coopération d’abord. C’est réunir des acteurs pour qu’ils réussissent ensemble. Par opposition à la compétition où les uns et les autres se détruisent ensemble. L’équité ensuite. Plus de 21 % de notre chiffre d’affaires est réalisé avec des produits issus du commerce équitable, là où les autres sont souvent inférieurs à 1 %.
  • Nous garantissons des prix justes pour tous.
  • Et la transparence enfin. Annoncer à l’avance ce que nous allons faire et s’y tenir pour permettre à chacun de s’engager dans une démarche de développement. C’est sur ce triptyque que repose la construction de Biocoop.

Comment ces 3 valeurs se traduisent-elles dans les activités de Biocoop ?

Cette façon de penser fait écho aux enjeux de la société civile d’aujourd’hui qui est en train de renaître positivement. Dans ce monde en évolution, nous avons gardé nos valeurs, telles que nous les avons pensées au départ. Et ces valeurs nous amènent à faire des choix.

En premier lieu, celui d’une agriculture bio paysanne de proximité. C’est une agriculture qui se construit dans des modèles de ferme à taille humaine et adopte des pratiques agronomiques vertueuses qui reposent sur la fertilité naturelle, la rotation des cultures ou encore le respect du rythme de la vie animale.

Le commerce équitable ensuite, pour une plus juste répartition de la valeur. Nous avons la conviction que le prix le plus juste n’est pas le prix le plus bas mais le prix de la qualité. La part importante du commerce équitable chez Biocoop aujourd’hui est le fruit de choix forts que nous avons posés depuis longtemps et auxquels on s’astreint.

Nous avons également fait le choix d’une économie sociale et solidaire par opposition à l’économie spéculative. Une économie où l’argent n’est pas le moteur mais le carburant d’un modèle qui place l’humain au cœur de son développement. Et pour finir, nous avons adopté un modèle entrepreneurial coopératif. C’est un modèle qui œuvre pour une construction économique stable et de long terme sur les territoires.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le modèle coopératif et les engagements qu’il recouvre ?

C’est avant tout de l’énergie humaine pour convaincre et faire naître la confiance qui nous permet de réunir une chaîne d’acteurs autour d’un projet commun. Prenons l’exemple du lait de chèvre qui est la dernière filière agricole que nous ayons créée. La première étape fut d’aller sur le terrain et de convaincre les producteurs de se mettre ensemble. Une fois ce groupement fait, il a fallu trouver le transformateur afin d’arriver aux produits finis, que nous distribuons ensuite dans les magasins Biocoop. Cela nous a pris 5 ans pour structurer cette filière et nous nous sommes engagés sur le long terme. Le statut coopératif de Biocoop nous amène à mettre en place des CDI d’engagements.
Nous souhaitons poursuivre le développement du local et des territoires, mais aux conditions de Biocoop. Avec le modèle coopératif, nous veillons à ce que le changement d’échelle de la bio qui s’opère actuellement ne lui fasse perdre ni son sens ni sa qualité.

Justement, quel est pour vous le sens de la bio ?

J’ai coutume de dire que le projet de Biocoop est un projet politique. Un projet fondé sur deux axes : développer la consommation responsable en France et réunifier le consommateur et le citoyen en une seule et même personne. Notre rôle est de faire prendre conscience à chacun que son acte de consommation se transforme en un vote pour un modèle de société. Et nous avons à cœur de faire naître des consomm’acteurs qui, dans leur acte de consommation, font des choix qui vont dans le sens de leurs rêves.